Je me doutais bien que les jours retomberaient, pour d'autres raisons, mais qu'ils retomberaient
que le tunnel serait ensablé jusque dans ses hauteurs. Mais pas si vite, pas aujourd'hui.
Ce soir, je refais, je reprends, je reviens sur ce que j'entreprends.
Puis le vide s'étend, la journée revient aux tempes.
Et si j’étais ma meilleure amie et ma pire ennemie ?
Et si je ne savais qu’inciter à me pousser vers l’angoisse
Ceux qui me veulent du bien, comme les autres
Et si je n’entrais dans aucun cadre ?
Et si je n’étais faite pour rien ?
L'horreur de montrer mes larmes
qui coulent toutes seules, lâchées par l'écluse
alors que l'eau dénature le tableau
Petite, j’étais surnommée par ma mère "Jean qui rit/Jean qui pleure"
Et si un jour les larmes m’étouffaient avant que les sourires ne puissent les essuyer ?
Et si, finalement, tout était trop tard ?
A quoi bon, dans le fond, je ne vaux pas mieux qu’une autre
Je ne demande pas que l'on se récrie
Ceci dit, j'ai eu la chance de pouvoir convaincre
pour quelques arguments sincères
j'ai été écoutée, moi et ma nécessité
J'ai aussi entendu, touchée par un Respect
je pensais avancer et savoir cette fois me vaincre
le mot avait pris sens et majuscule
même si, avant aussi, il avait une place.
Il y a toujours cet enfant, chez moi, qui dit
"on dirait qu'on n'aurait pas..."
Et veut y croire, tout en se morigénant
Pour que les pas loupés n'aient pas glissé pour rien
Mais on se regarde, un soir et on se désole
L'estime avait poussé lentement, au coeur du coeur,
là où en soi-même, cette corole-conscience s'ouvre
sur un son de soi s'engageant à parler en langage allié
quelque fois, bien plus souvent, avant de se "remutiler"
Mais il faut comprendre que, à force d'encore,
Il n’y aura pas toujours des rattrapages
Tout n’est pas récupérable
C’est ce qui s'installe en preuve, aussi
Un jour, je saurai que quasiment rien ne l’est
Je tiendrai encore un peu
Je tiens toujours
Je me demande bien pourquoi
Sans doute une habitude
Un projet ?
Oui, mais le fond ne bouge pas
Et il y a ça aussi :
Le monde est fait de bruit
Le futur serait lui aussi de bruit
Ma bulle est en dehors, ma bulle y est obligée
Ce jour où je n'attendais qu'un prolongement rassurant
Ces résistances cumulées
Ca fatigue, ça angoisse, je tiendrai mais ça lasse et je lasse, je lasse.
Aucune pudeur, trop de dégoût intérieur
de ces cadres que je recloue, sans le vouloir
sur d'autres murs
J'ai tué parmi les soutiens ceux qui m'étaient vitaux
Comment suis-je faite pour tout détruire, pour tout demander, par peur ?
Pourquoi ne m'a ton appris que ça,
pourquoi est-ce la part majeure de tout ce qui perdure ?
Pourquoi, quoi que je fasse, c'est ce que je laisse ?
"Mais non, le tissu n'est pas détruit, puisque nous sommes là".
J'écoute, j'entends, on ne le dirait pas ici, mais j'entends (dans les 2 sens, je crois).
Néanmoins, pourquoi, je ne sais pas
mais je fais tout tomber
vers des chutes parfois profondes
Me restent les regrets
de ces abris auxquels j'ai peu su me sentir accoutumée
Je voulais demander, je n'ai pas eu le courage
"Ne me laissez pas croire ça :
je suis donc de ceux qui comprennent alors que l'heure est passée ?"
Pour ça et pour le reste, plus général, ailleurs :
cet avant, ce maintenant qui pourtant ne se ressemblent pas tant
J'avais couru sur la passerelle
Il reste ces édifices sur ces fondations
Et de vraies valeurs,
il y a ma conscience, il y a ma confiance
Il y a de nouvelles forces
Mais il y a des changements qui ramènent à l'erreur
La confiance n'empêche pas la crainte de la pérennité
que peut engendrer une expérimentation
Quel sens choisira le but une fois rejoint ?
Je suis la seule victime et la seule "responsable",
au bout du bout, nourrie de tout ce noir, mais au bout du bout, la seule
M'interroger, interroger.... responsable des réponses,
Responsable en ce sens uniquement
d'avoir à les entendre.
Une révolution qui s'installe pour confirmer les préceptes écornés
par ces lacunes pourvoyeuses de doutes
mécaniques, néanmoins régurgités sur la stabilité des acquis
c'est terrible, malgré les forces
même si le trône d'une évolution est espéré à l'issue
Même si l'on cherche à assimiler qu'il est bon de
dégripper les mécanismes lorsqu'ils buttent et s'enrouent.
L'avenir est si abstrait...
Pourquoi interroger, pourquoi revenir sur ce qui est établi,
ce qui est mûrement réfléchi, puisque là est seule voie possible ?
L'angoisse de n'être, moi, qu'une illusion d'avenir qui tombe en ruine.
Il y a comme une veine qui s'ouvre, son sang caché dans une manche
C'est toujours des heures après que la tache se montre.
L'angoisse, il faut bien en faire quelque chose.
Elle ne sert pas un biais de discours, puisque les réponses sont établies.
Mais il faut, en attendant, trouver des mots, puisqu'il faut faire avec. Elle aussi peut, on ne sait jamais, de cette façon prendre au moins un peu de distance. Mais elle est bien là, elle et son
fichu vide.
Ca gêne ce genre de texte, je sais.
Mais il faut qu'il soit. C'est une vérité aussi.
Quand ça gêne, il n'y a qu'à faire comme s'il n'était pas écrit, comme si personne ne l'avait lu. Ce n'est peut-être pas bien de prendre un blog pour journal (quoique ce soit la fonction
originelle de celui-ci), mais si on le prend par-là, je ne prends personne en otage.
De toute façon, tout va bien...